Ce matin, Marie se réveille de bonne heure. Aujourd’hui, c’est jour de marché aux Estables. Ici, les étals s’installent chaque jeudi et chaque dimanche. Les montagnes sont déjà réveillées. Le soleil éclaire doucement les toits du village.
Marie prend un petit sac en toile. « Il sera bien assez grand », pense-t-elle. Elle ne sait pas encore qu’elle est en train de faire une erreur.
En arrivant sur la place, elle ouvre de grands yeux. Les légumes sont bien rangés, les tomates sont rouges comme des coquelicots. Les salades sont toutes vertes et croquantes et les fromages embaument les étals. Un peu plus loin, la charcuterie met l’eau à la bouche. Marie voudrait tout goûter. « Je vais seulement regarder », se dit-elle.
Cinq minutes plus tard, elle a déjà acheté des tomates, un saucisson, quelques abricots… et elle continue de sourire devant chaque stand.
Son petit sac en toile commence à faire la grimace. Heureusement, un marchand vend de jolis paniers en osier.
« Voilà exactement ce qu’il me fallait ! »
Marie repart toute fière avec son nouveau panier. Elle y ajoute encore quelques légumes, un morceau de fromage de pays, des fruits bien mûrs sans oublier un steak pour ce soir et un peu de charcuterie achetée chez le boucher, l’ancienne maison Marion ou la viande est toujours aussi bonne.
Son panier a fière allure, seulement… il est maintenant un peu lourd…
Marie essaie de le soulever… Puis avec les deux mains…Puis en soufflant très fort… Rien n’y fait. Un ami de ses parents la regarde en riant doucement.
« Je peux vous donner un coup de main jeune fille ? »
Marie accepte avec un grand sourire. En chemin, ils discutent de la montagne, des saisons et des meilleurs coins pour admirer le Mézenc. Au bout de quelques minutes, ils ont l’impression de se connaître depuis longtemps.
À midi, non sans avoir prévenu ses parents, ils décident de partager leur marché. Ils s’installent sur les tables de pique-nique, en contrebas de la salle des fêtes. Une petite rivière chante juste à côté. L’eau brille au soleil.
Tout à coup, des hirondelles plongent vers la rivière avant de remonter dans le ciel. Marie ouvre de grands yeux. « Elles savent nager, au moins ? » Son compagnon de marché sourit et lui explique tout un tas de chose sur la nature.
Ils dégustent le fromage, la charcuterie, les légumes et les fruits. Tout a encore meilleur goût dehors. Le vent apporte l’odeur des sapins. Les oiseaux accompagnent le repas de leurs chansons.
Quand il est temps de rentrer, le panier est enfin un peu plus léger. Marie le soulève sans effort et sourit. « Finalement, le plus difficile, c’était de résister à toutes les bonnes choses du marché ! »
Tous deux s’amusent de ce constat !
Marie repart le cœur aussi rempli que son panier l’était quelques heures plus tôt. Elle a découvert de bons produits et un joli coin au bord de l’eau.
Elle comprend qu’au marché, on ne rapporte pas seulement de quoi cuisiner. On rapporte aussi des souvenirs qui donnent envie de revenir dès le jeudi… ou même d’attendre le dimanche.