Ce matin, Marie et son ami Boris quittent Les Estables. Les montagnes leur disent presque au revoir. La route descend doucement entre les sapins. Les vaches lèvent la tête quand ils passent. Elles ont sûrement envie de savoir où ils vont.
En arrivant au Monastier-sur-Gazeille, Marie s’arrête au viaduc de la Recoumène. Une grande tyrolienne traverse le vide. Rien que de la regarder, elle sent déjà ses jambes trembler.
« Tu la fais ? » demande Boris.
Marie secoue très vite la tête.
« Je peux garder les sacs. C’est aussi une mission importante. » dit-elle.
Boris s’élance. Il file comme un oiseau. Marie applaudit très fort… surtout parce qu’elle est contente que ce soit lui et pas elle.
La route continue jusqu’au Puy-en-Velay. Très vite, une immense dame attire son regard. C’est Notre-Dame de France. Marie grimpe les marches une à une. Puis elle monte encore, jusque dans la couronne de la statue. Les toits ressemblent à des petits jouets. Les clochers touchent presque le ciel.
« Quelle belle couronne ! » pense Marie. « J’aimerais bien avoir la même. »
En redescendant à l’intérieur de la statue, elle remarque des prénoms écrits sur les parois. Il y en a de partout. Alors, discrètement, Marie ajoute le sien.
« Comme ça, si je reviens, je saurai que je suis déjà venue », murmure-t-elle avec un sourire.
Un peu plus bas, la cathédrale accueille des voyageurs venus de loin. Des pèlerins se reposent avant de reprendre leur chemin. Marie discute avec eux. Ils rient ensemble. Finalement, même les longues marches semblent plus légères quand on les partage.
La promenade continue dans les rues pavées du Puy. Les vieilles pierres brillent au soleil. Les boutiques sentent bon les spécialités d’ici.
À la Distillerie du Velay, Marie découvre les célèbres lentilles du Puy. Elle en goûte une cuillère.
« Elles sont bien meilleures que celles que je mange d’habitude ! »
Boris lui rappelle doucement que les autres viennent souvent… d’ici aussi.
Marie éclate de rire.
« Alors c’est sûrement la ville qui leur donne meilleur goût ! »
Le soleil commence à descendre. Il est temps de reprendre la route vers les Estables. Marie garde dans sa tête la grande statue, les ruelles, les rires des pèlerins et les jolies couleurs du Puy-en-Velay.
Elle se dit qu’il n’est pas nécessaire de partir très loin pour vivre une belle aventure. Parfois, il suffit simplement de descendre en ville… avec des yeux curieux et un cœur prêt à s’émerveiller.