Comme tous les villages de France, les Estables ont un avenir mais aussi un passé qui reflète l’authenticité de ce village typique du haut plateau altiligérien, niché face au Mézenc et orné de bâtisses de pierre et aux toits de lauzes. Nous allons commencer son histoire par les contes et légendes liés à ce passé quelquefois oublié, et qui en l’occurrence s’inscrit sous le signe de la brutalité contre la sorcellerie : l’histoire du géomètre attaqué…
Au XVIIIᵉ siècle, un jeune géomètre chargé d’établir la carte de Cassini fut tragiquement battu à mort par les villageois des Estables. Ils le suspectaient de sorcellerie, dans une époque où la peur et le soupçon pouvaient se transformer en violence.
Il faut dire qu’autrefois ce pays était pétri de rituels folkloriques, de croyances locales et de pratiques populaires étonnantes. Ainsi, on récitait une prière en touchant une peau de mouton accrochée à l’étable pour protéger le bétail.
Les œufs pondus le Vendredi saint, étaient gardés toute l’année, et étaient censés guérir les maladies. En les mangeant à Pâques, ils préservaient de la fièvre.
D’autres superstitions dictaient les moments ou tuer le cochon, quand récolter le chanvre selon le cycle lunaire, et meme craindre le cri du coucou comme signe de mort.
Mais les Estables ce n’était pas que cela, c’était aussi le village « des gens d’en haut » et de ses visiteuses célèbres.
À la fin du XIXᵉ siècle, le village attira ses premiers promeneurs. Parmi eux, George Sand y séjourna en 1859 pour tenter l’ascension du Mézenc. Si le mauvais temps l’en empêcha, elle s’inspira du lieu dans son roman Le Marquis de Villemer.
Plus tard, Simone de Beauvoir y passa, elle aussi, une nuit au sommet, dans une cabane au pied de la croix, faisant du village un lieu de passage pour les esprits littéraires.
Puis ce fut l’ère de l’accueil touristique aux remontées mécaniques.
En 1900, lors d’un banquet en plein air, des figures telles que Charles Dupuy (sénateur et ancien président du Conseil) décidèrent de bâtir un chalet d’accueil le Chalet du Mézenc marquant le début d’un tourisme organisé dans ce paysage sauvage.
Plus tard, le développement du ski transforma le village : dès 1959 des remontées mécaniques furent installées, puis en 1971 un premier téléski au départ du village, ouvre la voie à l’essor de la station-de-village moderne.
Mais les Estables c’est aussi une mémoire et un patrimoine :
L’église Saint-Philibert construite entre 1904 et 1906, est la plus haute église paroissiale de Haute-Loire. Elle renferme de précieux vitraux réalisés dans les années 20 par le maître verrier Charles Borie, grâce à la générosité des familles locales.
Un totem et une plaque commémorative près de la croix du Mézenc rappellent l’histoire singulière de cette croix, érigée après-guerre (1945 puis reconsolidée en 1954) par des prisonniers de guerre, pour honorer la mémoire collective.
Le monument aux morts sur la place du village rend hommage aux soldats de 1914–18. Sculpté en phonolite par Lucie Delmas, il symbolise la paix par l’olivier, reprend la forme de la colombe, et rappelle les racines du territoire.
Vous l’aurez compris les Estables sont l’illustration vivante de la vie paysanne et du patrimoine rural de ce haut plateau de la Haute Loire.
À proximité, et dans ce même esprit, on peut visiter l’écomusée de la ferme des Frères Perrel, à Moudeyres. Celui-ci reconstitue une exploitation montagnarde traditionnelle avec ses toits de chaume et ses aménagements d’autrefois, témoignant de la vie rude et authentique du passé.
Témoin également des fermes d’antan, il y a la Ferme des Plantins, classée monument historique, celle-ci remonte au XVIᵉ siècle (1540-1541) et illustre l’architecture locale typique : un logis, grange-étable avec toitures en lauze.
Nous avons ici évoqué le passé, dans notre prochaine Edition nous vous raconterons ce que pourraient être les Estables en 2035…
Histoire à suivre !

